Publié le 27 Juillet 2016

Au fil du Drac le livre

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Rédigé par passeurdememoire

Publié dans #PARTAGER, #Au Fil du Drac

Publié le 4 Juillet 2016

« Le 11 novembre 1954, j’avais 24 ans et j’était étudiant à Lyon. J’était venu passer en
famille ce week-end triste et mouillé d’un automne médiocre. Le Mardi 13 au soir, je me
trouvais en transit à Grenoble pour regagner Lyon par un train tardif. Par hasard, j’entendis le
journal radiondiffusé de 20h30 qui annonçait la disparition d’un long courrier, très
vraisemblablement dans le secteur de l’Obiou. Ce vieil Obiou venait donc encore de faire des
siennes, quatre ans après la disparition de la « forteresse » américaine….Je téléphonais
immédiatement à Jean MOREL pour me mettre à disposition. Il avait en effet créé en 43-44
une équipe d’urgence dépendant de la Croix Rouge Française à la Mure. Avec mes
camarades, nous avions oeuvré dans cette équipe au cours des hostilités de la Libération. Et
bien après dans les reconnaissances d’identités des tués. Plus tard, ces équipes s’étaient
intégrées dans le Secours en Montagne de l’Isère que présidait Félix GERMAIN, avec Jean
MOREL comme responsable à la Mure. La section de Grenoble de la S.D.S.M. et la sous-ection muroise s’étaient déjà illustrées au cours de sauvetages difficiles, aussi bien en paroi
que lors de catastrophes aériennes, dans les massifs dauphinois.
La réponse de Jean MOREL fut simple et nette : « remonte avec le secours en Montagne de
Grenoble et retrouve nous à Pellafol ». Je quittais donc Grenoble dans la nuit avec JAUDEL
et son groupe. Vers cinq heures je cherchais vainement les murois à Pellafol. Le planning
établi entretemps les avaient dirigés vers la Posterle, avec mission d’explorer les pentes Sud-
Est et Sud du Petit-Obiou jusqu’aux crêtes. Les croyants déjà sur le chemin du col de la
Sambue, je m’intégrais à une forte équipe de CRS et de gars du coin dont l’objectif était le
rattissage du Grand-Vallon ainsi que des casses sous le col du Petit-Obiou. La jonction était
envisagée avec le groupe de la Posterle. Le chemin forestier du col de la Sambue était encore
à l’état embryonnaire, encombré de troncs et de branchages. Au-delà du col, il n’y avait plus
qu’un sentier en mauvais état. La montée dans une nuit d’encre, sous une pluie fluide et
glaciale, laissait mal augurer de ce que nous allions trouver plus haut, où nous attendait
effectivement une « bise pisseuse » à décorner les boeufs. Partis des Payas vers 5h30, nous
fûmes au Grand-Vallon vers 8h00. Un jour blafard nous avait accueilli au col des Faisses,
dans un brouillard encore peu épais qui cachait la tête et la queue de la colonne, semblant
renforcer nos odeurs de chien mouillé mais estomper nos jurons. Au Vallon, nous fûmes
répartis en plusieurs groupes avant de nous partager le secteur. La visibilité était réduite à
une centaine de mètres. L’ensemble du groupe disposait de deux talkies-walkies rescapés de
l’armée, sur la fréquence du P.C. installé côté Posterle. Chaque groupe était encadré par des
C.R.S. ou des gendarmes. Le matériel se limitait à deux ou trois cordes en chanvres de 10
mm, une paire de crampons pour 8 et deux ou trois piolets. Ni pitons ni mousquetons, pas
plus que de baudrier. Nous étions dans l’immédiat après-guerre, le matériel était réduit à sa
plus simple expression et l’habillement venait des surplus américains, en fait des parkas plus
ou moins imperméables. Les plus chanceux avaient des chaussures à ailes de mouche, les
semelles VIBRAM commençant tout juste à être commercialisées ; la plupart n’avait que des
chaussures de ski de l’époque, à double laçage et semelles vaguement crantées.


Je m’en fus avec le groupe du haut, montant avec précaution sur un verglas humide, dans un
brouillard de plus en plus épais. Nous tremblions de froid (et peut-être aussi d’angoisse)
malgré l’effort le long de la piste qui existait déjà mais qui était moins bien tracée que de nos
jours. Nous faisions de larges incursions de part et d’autre, nous hélant sans arrêt et criant
pour nous réchauffer. Nous n’étions pas les seuls à souffrir du froid et de l’humidité : les
talkies-walkies n’aimaient pas ça du tout et refusaient d’être clairs, nous transmettant
seulement une bonne friture avec quelques brides de messages par-ci, par-là.


Vers 12h00, nous atteignîmes le sentier horizontal qui nous conduit à la grotte à glace ou
nous pûmes manger un peu, relativement au chaud. Pendant ce temps, trois C.R.S. montaient
au col et, tant bien que mal, posaient une main courante. A trois ou quatre, nous partîmes
explorer les uns les casses Petit-Obiou les autres côté « grottes à Guano » puis, nous dirigeant
vers le col, nous nous regroupâmes. Les pierrailles étaient soudées par le gel, sans une seule
chute de pierre mais terriblement glissantes. Depuis le niveau des grottes, nous trouvions
sans arrêt images pieuses, photographies, lambeaux de vêtements. Persuadés que nous étions
près du lieu de la catastrophe, une ardeur juvénile, nous allumait, nous réchauffait et nous
faisait oublier le temps qui passait. Hélas, tous les sauveteurs dans tous les azimuts en étaient
au même point : le violent vent d’ouest avait « emballé » la totalité du massif dans le même
nuage de papiers et de débris épars. Quelques uns d’entre nous, épuisés, renoncèrent et
entreprirent une descente très inconfortable dans la tourmente de neige qui venait de se lever.
Trois des plus intrépides allèrent jusqu’à l’entrée du passage des « cravates » où, surppris par
la neige, ils bivouaquèrent derrière un mur de pierres arrachées au sol gelé. Ils redescendirent
le lendemain par la cheminée du Petit-Obiou en face Sud-Est. La plus grosse partie de la
trouppe, restée sous le col, reçut enfin l’ordre de repli général, l’avion ayant été repéré sur
Casse Fouira depuis le Petit Endroit. La descente fut longue et douloureuse, agrémentée de
nombreuses chutes. Nous prîmes la direction de la Croix de la Pigne où notre arrivée passa
inaperçue. Finalement, un habitant, connu de ma famille, nous ouvrit sa grange et nous offrit
le vin chaud. Je n’ai pas mémoire d’avoir souffert d’insomnies cette nuit-là.
Le lendemain, un regroupement des équipes eut lieu à la Posterle d’où nous partîmes très
nombreux pour les opérations de sauvetage. Jamais, je ne vis autant de monde passer le
« Petit-endroit », lentement et dans une queue leu leu interminable. Le passage, aussi bien à
la montée que du côté de la Casse Fouira, avait été équipé de façon remarquable par les CRS
et les chasseurs alpins. Il faisait relativement beau mais très froid avec une bonne bise venue
de Matheysine. Pas une pierre ne bougeait dans les casses où nous arrivâmes vers 11h00.
L’horrible spectacle qui nous attendait posa problème à un bon nombre d’entre nous.
Plusieurs centaines de sauveteurs allaient et venaient sur la casse en silence, s’efforçant
d’arracher à coups de piolet les restes humains collés au sol par le gel le vent hurlait sous la
paroi encore à moitié encapuchonnée. Une cordée essayait de monter sur les vires, jetant les
couloirs verticaux quantités d’objets hétéroclites, récupérant même les valeurs expulsées de
valises éventrées, ensachant des débris humains.


Bien qu’aguerri par les années de guerre et coutumier des amphis d’anatomie, j’étais
vaguement écoeuré et ne mangeais point. Epuisé par ces 36 heures de course, je déclarais
forfait et me vis prié, un peu rudement, de redescendre au pays civilisé où on m’attendait
pour d’autres besognes. Partis vers 14 heures, nous parvînmes en un petit groupe à la Croix
de la Pigne vers 17 heures 30. Nous devions préparer l’arrivée des dépouilles (ou tout au
moins ce qui en restait) et régler de nombreux problèmes médico-légaux, judiciaires et
funèbres, auquels j’était habitué. Nous regagnâmes nos paillasses après minuit. Les jours qui
suivirent furent tout aussi pénibles mais cela est une autre histoire qui n’a rien à voir avec la
montagne.


Je revins dans la Casse Fouira en juin suivant, dans une petite équipe chargée d’accompagner
la mission d’enquête dirigée par Bellonte. Nous reperâmes pas mal d’objets à moitié enfouis
dans la neige. Les conditions d’enneigement de la paroi ne permirent pas de monter très haut,
là où la montagne commençait à accumuler des restes humains et des bagages éventrés. Cette
course effectuée par un beau temps fut décevante quant à ces résultats. J’appris plus tard
qu’elle s’intégrait dans le contexte d’une action judiciaire engagée à l’encontre de pilleurs
d’épaves qui avaient opérés à la fin de l’hiver et dans de très dures conditions. Ils avaient
ainsi récupéré un certain nombre d’objets de valeur éparpillés dans la paroi et sur le nevé. Un
procès eut lieu ; il ne donna lieu à aucune considération technique sur cette hivernale…
 

Expédition Jean Morel en Juillet 1951 : Jean MOREL, Paul ARTAUD, Jean HEMOND, inconnu, inconnu, Henri DESMOULINS (de gauche à droite) (photo transmise par Henri DESMOULINS)

Expédition Jean Morel en Juillet 1951 : Jean MOREL, Paul ARTAUD, Jean HEMOND, inconnu, inconnu, Henri DESMOULINS (de gauche à droite) (photo transmise par Henri DESMOULINS)

En juillet 1951, Jean Morel, à la demande de la préfecture de l’Isère, monte une expédition
dans la paroi pour récupérer ce qui pouvait encore l’être. Nous fûmes assez nombreux à faire
cette course, explorant systématiquement les vires sous l’autorité bienveillante et technique de
notre ami Paul ARTHAUD.Le temps était au grand beau, le Grand-Obiou débonnaire encore
paré ci et là de congères nous fit oublier les souffrances de l’automne précédent. Notre récolte
fut abondante, mais sans grande valeur : nous n’avions pas l’étoffe de pilleurs d’épaves.


L’automne suivant, j’accompagnais à nouveau les services aériens qui parachevaient leur
enquête. Je pus dénicher quelques instruments de bord coincés sous le Grand Gendarme du
côté ouest, en particulier le gyrocompas, pièce précieuse pour l’enquête car il était peut être à
l’origine du désastre. Plusieurs années après, l’enquête étant terminée, Bellonte que j’eus
l’occasion de rencontrer me fit cadeau de son cadran.


Pendant de nombreuses années, je revins fréquenter ces lieux avec une certaine obsession.
Peu à peu, je vis s’amenuiser puis dispatraitre les restes du malheureux Skymaster, en même
temps que disparaissaient les restes calcinés de la « Forteresse » américaine, qui avait explosé
quatre ans auparavant dans le couloir Ouest du Malpasset. Là aussi, j’avais été présent pour la
levée des corps, tout comme pour l’accident du Nice-Paris à la Moucherolle en 48.
Partout en Dauphiné comme en Haute-Savoie, la montagne semble avoir fait le ménage après
ces catastrophes aériennes, comme pour se faire pardonner. Mais a-t-elle besoin d’être
pardonnée ?
10
LA

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Rédigé par passeurdememoire

Publié dans #COLLECTER

Publié le 4 Juillet 2016

Mardi 5 juillet, à partir de 9h00, au camping du Lac du Sautet à Corps (38), Cueillette de plantes sauvages comestibles, Atelier fabricat...ion et dégustation. 10 €/ personne Inscription : 06.61.40.74.85

Mardi 12 juillet, à partir de 9h00, au camping du Lac du Sautet à Corps (38), Cueillette de plantes sauvages comestibles, Atelier fabrication et dégustation. 10 €/ personne Inscription : 06.61.40.74.85

Mercredi 13 juillet, à partir 9h00, au centre équestre La clé des champs à Cholonge (38), balade « Sauvageonne équestre », Atelier fabrication, repas partagé suivi d’une balade de deux heures à cheval. 50 €/personne la journée. Possibilité d’inscription en demi-journée. Inscription : 06.80.52.35.22 ou 06.71.31.94.88

Mardi 19 juillet, à partir de 9h00, au camping du Lac du Sautet à Corps (38), Cueillette de plantes sauvages comestibles, Atelier fabrication et dégustation. 10 €/ personne Inscription : 06.61.40.74.85

Mardi 26 juillet, à partir de 9h00, au camping du Lac du Sautet à Corps (38), Cueillette de plantes sauvages comestibles, Atelier fabrication et dégustation. 10 €/ personne Inscription : 06.61.40.74.85

Dimanche 31 juillet, à 17h30, au Belvédère du Sautet à Corps (38), Elisabeth Calandry, conteuse, Françoise Marié comédienne, et Fabienne Gilbertas, historienne présente « Au fil du Drac, histoire d’eau, mémoires d’hommes ». Association Passeurs de mémoire, fragment d’histoire : 06 80 82 35 22

Mardi 2 août, à partir de 9h00, au camping du Lac du Sautet à Corps (38), Cueillette de plantes sauvages comestibles, Atelier fabrication et dégustation. 10 €/ personne Inscription : 06.61.40.74.85

Samedi 6 août, à 15h30, à Quet en Beaumont (38), Elisabeth Calandry, conteuse, Françoise Marié comédienne, et Fabienne Gilbertas, historienne présente « Au fil du Drac, histoire d’eau, mémoires d’hommes ». Association Passeurs de mémoire, fragment d’histoire : 06 80 82 35 22

Mardi 9 août, à partir de 9h00, au camping du Lac du Sautet à Corps (38), Cueillette de plantes sauvages comestibles, Atelier fabrication et dégustation. 10 €/ personne Inscription : 06.61.40.74.85

Mercredi 10 août, à partir 9h00, au centre équestre La clé des champs à Cholonge (38), balade « Sauvageonne équestre », Atelier fabrication, repas partagé suivi d’une balade de deux heures à cheval. 50 €/personne la journée. Possibilité d’inscription en demi-journée. Inscription : 06.80.52.35.22 ou 06.71.31.94.88

Mardi 16 août, à partir de 9h00, au camping du Lac du Sautet à Corps (38), Cueillette de plantes sauvages comestibles, Atelier fabrication et dégustation. 10 €/ personne Inscription : 06.61.40.74.85

Mercredi 24 août, à partir 9h00, au centre équestre La clé des champs à Cholonge (38), balade « Sauvageonne équestre », Atelier fabrication, repas partagé suivi d’une balade de deux heures à cheval. 50 €/personne la journée. Possibilité d’inscription en demi-journée. Inscription : 06.80.52.35.22 ou 06.71.31.94.88

Mardi 23 août, à partir de 9h00, au camping du Lac du Sautet à Corps (38), Cueillette de plantes sauvages comestibles, Atelier fabrication et dégustation. 10 €/ personne Inscription : 06.61.40.74.85

Samedi 24 septembre, à 18h00, à l’ancienne bibliothèque La Mure (38), Elisabeth Calandry, conteuse, Françoise Marié comédienne, et Fabienne Gilbertas, historienne présente « Au fil du Drac, histoire d’eau, mémoires d’hommes ». Association Passeurs de mémoire, fragment d’histoire : 06 80 82 35 22

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Rédigé par passeurdememoire

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Publié le 4 Juillet 2016

Les monographies d’instituteurs et l’ethnologue

« Raconter l’histoire de leur commune fut il y a cent ans l’exercice favori des instituteurs français ». C’est par cette paraphrase que je commencerais cette brève présentation des monographies d’instituteurs.

Je paraphrase ainsi Charles-Olivier Carbonell, auteur d’une thèse d’histoire publiée à Toulouse chez Privat en 1976 sous le titre

« Histoire et historiens, une mutation idéologique des historiens français, 1865-1885 », thèse où il consacre un chapitre aux monographies locales, qu’il intitule joliment : « Les monographies locales, miroir de l’historiographie du temps ». C’est dans ce chapitre qu’il écrit : « Raconter l’histoire d’un village ou d’une ville… fut, il y a cent ans, l’exercice favori des historiens

français ».

De même que le gouvernement de la République n’avait pas souhaité déraciner ses maîtres d’école en les faisant exercer au sein de leur département d’origine, et ce afin de mieux adapter l’institution scolaire aux diversités territoriales, on peut considérer que “l’injonction monographique” faite aux instituteur, pour reprendre l’expression d’Anne-Marie Thiesse, participe d’une meilleure connaissance du local pour mieux montrer et faire accepter l’école.

Car la scolarisation obligatoire et ses enseignements ne sont pas unanimement perçus comme signe de progrès social, et peuvent même être tenus pour responsable de l’exode rural qui sévit alors.

Ce n’est pas par hasard si cette injonction monographique coïncide avec l’âge d’or des expositions, quelles soient nationales ou universelles, générales ou spécialisées, comme par exemple les expositions scolaires. Il faut montrer, exposer pour mieux faire accepter l’idée du progrès, qu’il soit industriel, scientifique ou culturel, en l’occurrence scolaire pour ce qui nous occupe ici.

Car ses monographies sont le plus souvent commandées pour être exposées, “exhibées” comme on dit à l’époque, époque où l’Exposition reste le moyen de diffusion le plus sûr et la meilleure vitrine de l’évolution de la société et du progrès social.

La plupart des archives départementales conservent des collections de monographies d’instituteurs. Il semble que les plus anciennes datent de 1862, en Lozère, comme le stipule la Lettre des Archives départementales de Lozère, n° 5 de 2003.

Mais même si une grande majorité fut commandée par le ministère de l’instruction, beaucoup furent le résultat d’une demande des société savantes comme on l’a vu précédemment avec la Société des lettres sciences et arts de l’Aveyron.

Gilbert Delbrayelle, qui a créé un site internet très intéressant sur les monographies des instituteurs, propose l’enquête du recteur Maggiolo, en 1877, comme déclencheur de ces recherches dans les archives communales par les instituteurs. (Maggiolo avait demandé à tous les instituteurs de relever dans les registres des mariages les signatures des conjoints pour évaluer le degré d’alphabétisation des Français, et les instituteurs avaient répondu massivement puisque Maggiolo avait récolté plus de 16 000 réponses).

Daniel Fabre préconise plutôt l’enquête Guizot.

La rédaction de monographies va surtout se généraliser dans les années 1880-1889, qu’elles fassent l’objet de concours, d’expositions scolaires, régionales, nationales ou universelles.

L’année 1889 étant caractérisée par une production particulièrement importante puisqu’elle marque le centenaire de la Révolution française, et qu’à cette occasion, l’Etat français devait absolument se prévaloir des progrès de la scolarisation et de l’éducation, ainsi que de la maîtrise par les instituteurs de l’histoire et de la géographie locales qui restaient le cheval de bataille du ministère de l’Instruction publique. Il n’en demeure pas moins que les instituteurs se sont adonnés à cet exercice imposé avec zèle voire avec passion. Sans doute y voyaient-ils la consécration de leurs travaux d’érudition.

Comme l’écrit Jean-François Chanet dans son ouvrage sur L’Ecole républicaine et les petites patries (Aubier, Histoires, 1996, p. 182 :

« Le cadre limité, le souci de l’exactitude et de la précision propres au genre monographique, convenaient idéalement aux connaissances et au goût des instituteurs pour les recherches locales.

L’adéquation est à ce point sensible, dans leurs travaux personnels, qu’il est souvent malaisé d’y faire le départ entre le choix subjectif et l’incitation scolaire ».

Le genre monographique va même jusqu’à s’institutionnaliser, puisqu’à partir de 1905, les élèves-maîtres peuvent consacrer leur mémoire de troisième année d’études de l’école normale à un sujet lié à leur petite patrie.

Le rapport de l’école normale d’institutrices de Pau fait également état de devoirs de vacances monographiques (le rapport est daté de 1927-1928) (je le cite) « caractère des travaux de vacances que Mme La Directrice et Mmes les Professeurs ont proposés aux élèves. Certaines ont à étudier l’histoire de leur commune à une époque déterminée, d’autres à établir la monographie

géographique de leur village, à étudier l’un des aspects de la vie de leur région : vie pastorale, vie agricole, vie industrielle, vie maritime, etc. Quelques unes devront retracer l’histoire d’un monument, recueillir des légendes, des contes ou de vieilles chansons ; plusieurs apporteront des documents intéressants pour les leçons de sociologie en recueillant les traditions (…) [ou] les

divers événements de la vie familiale » fin de citation.

Et dès les années trente, le ministère organise chaque année un concours de monographies entre les élèves des écoles normales.

Voilà de quoi faire naître des vocations d’ethnographes, et de quoi intéresser l’ethnologue.

Je passe donc maintenant la parole à Daniel Fabre qui va témoigner de l’intérêt scientifique que l’on peut tirer des monographies d’instituteurs.

La première monographie communale dont il va vous parler fait partie d’un corpus de monographies rédigées à l’occasion d’une exposition scolaire qui s’est tenue à Toulouse du 9 mai au 10 juin 1885. Selon le

Bulletin de l’instruction primaire du département de la Haute-Garonne

(n ° 104, février 1886, p. 71-72) : «Les instituteurs de plusieurs départements sont engagés par l’administration universitaire à participer à ce concours, qui démontrera les progrès accomplis dans le sud-ouest de la France avec les nouvelles méthodes appliquées à l’instruction primaire. Mais spécialement elle a invité les directeurs et directrices des écoles de la Haute-Garonne à fournir des monographies, aussi complètes que possible, sur les localités auxquelles les rattachent leurs devoirs professionnels.

Ces études, généralement rédigées avec soin, formeront un ensemble très curieux par les documents historiques exhumés des archives communales, leur mode d’exposition, les légendes, les traditions qu’elles feront revivre, les renseignements agricoles, industriels, statistiques, topographiques et pittoresques qu’elles présenteront aux regards des visiteurs, des cartes ainsi

que des dessins leur servant de complément ».

 

1) La monographie de Martres-Tolosane et la légende de Saint Vidian

Martres-Tolosane est un bourg important du département de la Haute-Garonne, situé au sud de Toulouse. Sa monographie a été rédigée le 18 avril 1885 par l’instituteur V. Duzert. Daniel Fabre a su y repérer le passage où est racontée la légende de Vidian pour aboutir à une riche étude intitulée « Saint Vidian entre l’Eglise et la République », publiée dans l’ouvrage collectif : Les saints et les Stars. Le texte hagiographique dans la culture populaire. . Etudes présentées à la Société d’ethnologie française, Musée des arts et traditions populaires, 1979, réunies par Jean-Claude Schmitt, Paris, Beauchesne, 1983, p. 175-192.

2) Les monographies du Lauragais et le “messager des âmes”

Enfin, Daniel Fabre nous parlera des monographies communales des instituteurs du Lauragais dépouillées pour son enquête sur le “messager des âmes” et qui donna matière à la contribution suivante : « Du Messager des âmes au spirite en Languedoc », publiée dans La Mort aujourd’hui

Colloque Saint-Maximin (Var), 1981 (Marseille, Rivages, 1982, p. 95-103).

texte de  Florence Galli-Dupis

Lahic/IIAC (UMR 8177, CNRS-EHESS)

Carcassonne, Ethnopôle Garae, mardi 27 novembre 2007

 

Voir aussi :

Bertrand Müller « Écrire l'histoire locale : le genre monographique », Revue d'Histoire des Sciences Humaines 2/2003 (n° 9), p. 37-51.

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Rédigé par passeurdememoire

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Publié le 24 Juin 2016

l'état-major du 78e régiment d'infanterie en août 1914

Carte postale représentant l'état-major du 78e régiment d'infanterie au Puy-Imbert (Limoges). De la gauche vers la droite : le lieutenant Pierre, le colonel Arlabosse, le capitaine Dewatre, le capitaine Tatin, le capitaine Cahuzac, le commandant Gaudriault, le médecin-major de 1e classe Taste, le capitaine Thérond, le capitaine Teilhac, le commandant Laurent, le capitaine d'Arailh, le lieutenant Rungs, un officier non identifié, le commandant Goyer et le chef de musique Schmidt.

1914 2 août 1914. – Mobilisée dans la 12e région.- 23e DI, 12e CA

6 – 11 août 1914. – Transport par VF. au nord de Sainte-Ménehould. 11 – 23 août 1914. – Mouvement vers le nord, par Varennes et Stenay, en direction de Neufchâteau : Le 21 août, combat vers Izel.

Le 22 août, engagée dans la BATAILLE DES ARDENNES : Combats vers Menugoutte. 23 août – 7 septembre 1914. – Repli par Florenville, sur Pouilly.

Le 26 août, arrêt derrière la Meuse, dans la région de Beaumont : Les 27 et 28 août, combats vers Beaumont (BATAILLE DE LA MEUSE.) A partir du 29, repli sur Quatre-Champs ; puis, le 31, offensive vers le nord, en direction de Neuville-et-Day : Combats dans la région de Voncq. A partir du 1er septembre, continuation du repli, par Challerange, Tahure et Vitry-leFrançois, jusque dans la région de Margerie-Hancourt (éléments transportés par VF.), de Vitry-le-François, dans la région de Braux-le-Grand).

7 – 13 septembre 1914. – Engagée dans la 1re BATAILLE DE LA MARNE. Du 7 au 11, BATAILLE DE VITRY : Mouvement vers Saint-Ouen et combats dans la région Sompuis, Humbauville. A partir du 11, poursuite, par Vésigneul-sur-Coole, Ablancourt et Herpont, jusque vers Minaucourt. 13 – 18 septembre 1914. – Stationnement vers Laval et Somme-Suippe : Le 17, éléments engagés dans l’attaque sur Perthes-lès-Hurlus. 18 septembre 1914 – 1er octobre 1914. – Mouvement, par Verzenay, vers Reims et Saint-Léonard. A partir du 23 septembre, violentes attaques françaises, en direction du massif de Berru, vers Cernay-lès-Reims et vers le fort de la Pompelle. Puis stabilisation et occupation d’un secteur dans cette région.

1 er octobre 1914 – 25 mars 1915. – Retrait du front, mouvement vers Jonchery-surSuippe, et, à partir du 3 octobre, occupation d’un secteur dans la région la ferme des Wacques, la Suippe, étendu à gauche, le 17 octobre, jusqu’au nord de Baconnes (1) : Les 12, 30 octobre et 25 novembre, attaques françaises au nord de Saint-Hilaire-leGrand. Engagée dans la 1re BATAILLE DE CHAMPAGNE.

Le 21 décembre, violentes attaques françaises au nord-est de Saint-Hilaire-le-Grand et réduction du front, à gauche, jusqu’à la Suippe. 1915 25 mars – 2 avril 1915. – Retrait du front ; repos vers Marson. A partir du 29 mars, transport par VF. de la région de Vitry-le-François, au nord de Domèvre-en-Haye.

2 avril – 10 juin 1915. – Mouvement vers le front. A partir du 3 avril, engagée dans la 1re BATAILLE DE WOËVRE : Attaques françaises vers Regniéville-en-Haye, Remenauville et Fey-en-Haye. Puis, occupation d’un secteur vers Fey-en-Haye et Regniéville-en-Haye (2) .

A partir du 10 mai, occupation d’un nouveau secteur entre le bois de Mort Mare et Regniéville-en-Haye, étendu à droite, le 28 mai, jusque vers Fey-en-Haye.

10 juin – 21 juillet 1915. – Retrait du front et repos vers Toul. A partir du 15 juin, transport par VF., dans la région d’Amiens ; repos dans celle de Rubempré. Puis, le 19 juillet, transport par camions vers le Souich.

21 juillet 1915 – 11 mars 1916. – Mouvement vers le front et, à partir du 26 juillet, occupation d’un secteur entre le nord de Roclincourt et le nord d’Ecurie (guerre de mines). Engagée, à partir du 25 septembre, dans la 3 e BATAILLE D’ARTOIS : Violents combats vers Ecurie et vers le Labyrinthe. Puis occupation d’un secteur dans cette région : Le 19 décembre, extension du front, à gauche, jusqu’au sud de Neuville-Saint-Vaast.

Du 23 au 27 janvier 1916, attaques allemandes.

11– 30 mars 1916. – Retrait du front et transport par VF. dans la région de Montdidier : repos. 30 mars – 24 juin 1916. – Transport par VF vers Ligny-en-Barrois, puis transport par camions à Verdun. A partir du 6 avril, engagée dans la BATAILLE DE VERDUN, entre la Meuse et le bois d’Haudromont : Le 9 avril et les jours suivants, combats au ravin de la Dame et aux carrières d’Haudromont. Le 17 avril, attaques allemandes. Le 21 mai, attaque française. Le 25 mai, attaque allemande.

24 juin – 6 juillet 1916. – Retrait du front et regroupement vers Saint-Dizier.

A partir du 28 juin, transport par VF. dans la région d’Epernay et repos dans celle de Fère-en-Tardenois. 6 – 22 juillet 1916. – Transport par camions vers Soissons, et, à partir du 10 juillet, occupation d’un secteur vers Soissons et Pernant (3) .

22 juillet – 23 septembre 1916. – Mouvement de rocade et occupation d’un secteur vers Troyon et Soupir.

23 septembre – 20 octobre 1916. – Retrait du front ; repos et instruction vers Villeen-Tardenois.

20 octobre – 6 novembre 1916. – Mouvement vers Crépy-en-Valois. A partir du 2 novembre, transport par VF. dans la région du Thézy-Glimont ; repos. 6 novembre 1916 – 20 janvier 1917. – Mouvement vers le front, et, à partir du 12 novembre, occupation d’un secteur vers la Maisonnette et le sud de Cléry-sur-Somme (4) .

20 – 30 janvier 1917. – Retrait du front ; repos vers Villers-Bretonneux. A partir du 25 janvier, transport par VF., de Boves, dans la région de Courtisols ; repos.

30 janvier – 25 juillet 1917. – Mouvement vers le front ; occupation d’un secteur vers la cote 193 et le chemin de Souain à Sainte-Marie-à-Py : Actions offensives locales vers la ferme Navarin.

25 juillet – 12 août 1917. – Retrait du front et repos vers Champigneul-Champagne.

12 août – 9 octobre 1917. – Mouvement vers le front et occupation d’un secteur vers la cote 193 et le chemin de Souain à Sainte-Marie-à-Py.

9 octobre – 11 novembre 1917. – Retrait du front ; repos vers Ville-en-Tardenois.

11 novembre 1917– 25 janvier 1918. – Transport par VF. en Italie. A partir du 20 novembre, repos et instruction dans la région d’Arce Bussolongo, puis le 3 décembre, dans celle de Vicence, de Sovizzo et de Malo ; travaux, repos et instruction. 

25 janvier – 15 mars 1918. – Mouvement vers le front, puis occupation d’un secteur au monte Tomba et vers le Piave

15 mars – 27 avril 1918. – Retrait du front ; repos et instruction vers San-Giorgio inBosco, puis, à partir du 22 mars, dans la région sud de Barbarano, enfin, à partir du 5 avril, vers Villalta.

27 avril – 23 juin 1918. – Mouvement vers le front et occupation d’un secteur, sur le plateau d’Asiago, vers Capitello-Pennar : Le 15 juin, offensive autrichienne repoussée.

23 juin – 9 août 1918. – Retrait du front, stationnement vers Povolaro. 9 août – 27 septembre 1918. – Mouvement vers le front et occupation d’un secteur, sur le plateau d’Asiago, vers Capitello-Pennar : Nombreux coups de main.

27 septembre – 21 octobre 1918. – Retrait du front ; repos vers Povolaro, et, à partir du 9 octobre, vers Riese.

21 octobre – 4 novembre 1918. – Mouvement vers le front. Engagée à partir du 25 octobre, dans l’offensive du Piave, franchi le 26, à Pederobba :. Poursuite à l’est du fleuve, par Cavrera et Villapajera.

4 novembre 1918. – Armistice avec l’Autriche-Hongrie. A partir du 6 novembre, stationnement dans la région d’Asolo..

(1) Du 21 octobre au 21 décembre 1914, des éléments de la 91e DT. sont en secteur vers la ferme des Wacques, à la disposition de la DI.

(2) Du 10 avril au 26 mai 1915, la 45e brigade est mise à la disposition du 31e CA.

(3) Ce secteur n’est tenu que par la 45e brigade sous les ordres du général commandant la DI. Entre le 10 et le 22 juillet, la 46e brigade est tantôt en secteur vers Soupir, tantôt au repos, en réserve d’armée.

(4) Du 22 décembre 1916 au 12 janvier 1917, la 258e brigade (129e DI.) est à la disposition de la 23e DI. 

 

Les gars d'Hénin-Liétard.

Photographie de membres du 78e régiment d'infanterie, originaires d'Hénin-Liétard. Campagne 1914-1915. Recto.

Soldier Jean Sedon

La famille Sedon vit dans la ferme de Lioreix, au village de La Rochette, en Creuse. Jean est cultivateur. Né en 1882, il est le fils d'Alexandre et Victorine Theillard. De la classe 1902, il fait son service au sein du 78e R.I. en tant que soldat de 2ème classe. De retour du service, Jean rentre à La Rochette et travaille la terre avec ses parents. Il se marie le 12 avril 1909 avec Pauline Debelut et trois enfants naissent: Louis en 1911, Suzanne en 1912 et Fernand en 1914. A l'été 1914, Jean Sedon répond à la mobilisation générale. Il est envoyé au 78e Régiment d'Infanterie de Guéret et part au combat le 5 septembre. Durant tout le conflit, Jean est tour à tour dans l'armée intérieure et au Front. Du 6 septembre 1914 au 24 juillet 1915, il participe, au sein du 36e R.I., à la bataille de la Marne, puis aux combats dans l'Aisne et l'Artois. Du 6 mai 1916 au 1er décembre 1917, Jean intègre le 289e RI qui vient de quitter Verdun et est envoyé dans les secteurs de Commercy, Arcis sur Aube puis Craonne. Hospitalisé le 27 avril 1917, il rentre de convalescence le 30 juillet 1917. Le 9 janvier 1918, il passe au 22e RI qui se trouve à Villeneuve Saint Germain dans la Somme. Puis il est envoyé le 10 mars au 76e RI qui va combattre dans l'Aisne, l'Oise, la Marne et l'Argonne. Enfin, il passe le 16 octobre 1918 au 66e RI qui combat à Verdun. Jean est démobilisé le 18 février 1919. Il se retire à La Rochette. Jean Sedon, simple soldat d'infanterie ne reçut aucune distinction, mais, comme tous les poilus, la Médaille interalliée de la Victoire et la Médaille Commémorative.

Portrait de Jean Sedon

Photographie de Jean Sedon en tenue de son régiment, le 78e RI.

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Publié le 24 Juin 2016

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Publié le 24 Juin 2016

Elle est d'abord rattachée au 2ème Bataillon du 1er Zouave, puis au 8 aout au 6ème RIC et enfin au 1er Bataillon de réserve de la Chaouia

Découvrir l'historique en ligne :

http://tableaudhonneur.free.fr/Cie-mobilises-Marrakech-2.pdf

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Publié dans #Historique de régiment 1914-1918, #Dossiers de la Grande Guerre

Publié le 24 Juin 2016

Le 9 août 1914, le Ministre de la Marine propose au Département de la Défense de céder des disponibilités d’artillerie et de personnel correspondant, pour renforcer les opérations de siège. Le 15 août cette proposition est acceptée. Les allemands avançant rapidement vers Paris, ils seront affectés à la Défense de Paris. La Marine offre 9 pièces de 14 et 9 pièces de 16mm avec leurs munitions. Ce sont 2000 marins environ qui sont, dès le 1er septembre, répartis sur les Forts de Paris.

Découvrir l'historique de l'unité sur Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62331921.r=.langFR

 

Pour les travaux de recherches personnels sur les hommes de troupe contactez Fabienne pour vous aider

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Publié le 24 Juin 2016

Le 1er bataillon de tirailleurs somalis, constitué en 1915 à partir de recrues de la Côte française des Somalis, était une unité appartenant à l'Armée coloniale française. Le 1er bataillon de tirailleurs somalis était composé d'hommes recrutés à Madagascar et Djibouti.

Formé à Majunga (Madagascar), le 11 mai 1916, le bataillon est rassemblé à Fréjus, le 10 juin 1916. Les Somalis constituent en octobre 1916 une unité de marche rattachée au R.I.C.M. Formant le troisième bataillon de ce régiment, les Somalis font une entrée en guerre remarquée en participant à l’assaut sur le fort de Douaumont, le 24 octobre 1916. La reprise du fort a un retentissement considérable. Le drapeau du R.I.C.M est décoré de la croix de la Légion d’honneur et obtient sa troisième citation, à l’ordre de l’armée. Les 2ème et 4ème compagnies de Somalis, associées au R.I.C.M dans le texte de cette citation, reçoivent également la croix de guerre avec palme.

En mai 1917, ils prennent part à l’attaque du Chemin des Dames ; le bataillon obtient sa première citation, à l’ordre de la division. Le bataillon participe ensuite à la bataille de l’Aisne, remporte au sein du R.I.C.M la victoire de la Malmaison, le 23 octobre 1917, et obtient sa première citation à l’ordre de l’armée. En mai et juin 1918, les Somalis participent à la troisième bataille de l’Aisne, au Mont-de-Choisy, et en juillet, à l’attaque de la 10ème Armée du général Mangin lors de la deuxième bataille de la Marne. En août et septembre 1918, le Bataillon Somalie combat sur le front de l’Oise. En octobre, pour la deuxième fois, il est cité à l’ordre de l’armée et obtient le droit au port de la fourragère aux couleurs du ruban de la croix de guerre. Sur 2 434 tirailleurs recrutés en Côte des Somalis, 2 088 sont venus combattre en Europe ; 517 d’entre eux sont morts pour la France. Quant au nombre des blessés, les chiffres connus varient entre 1 000 et 1 200 blessés.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le Bataillon de Marche Somalie est réorganisé et équipé en Tunisie puis rejoint Antibes début 1945. Il est regroupé avec les bataillons de marche n° 14 et n° 15 pour former le Régiment de Marche d’Afrique Équatoriale Française et Somalie, qui, au sein du Détachement d’armée de l’Atlantique commandé par le général de Larminat, réduit la “poche de Royan”. Au cœur d’un secteur puissamment fortifié par les Allemands, le bataillon toujours en pointe dans le dispositif remplit toutes les missions qui lui sont confiées et atteint tous ses objectifs au prix de 41 tués (5 Européens et 36 tirailleurs) et 106 blessés (10 Européens et 96 tirailleurs) ; pertes totales : 147 hommes sur un effectif de 860. Le général de Gaulle décerne une citation à l’ordre de l’armée au Bataillon Somalie et, le 22 avril 1945, au cours d’une prise d’armes sur le terrain d’aviation de Soulac, il décore le fanion du bataillon. 

Le Bataillon Somalie est dissous le 25 juin 1946. 
Le patrimoine de tradition du Bataillon Somalie est confié à la garde du 5ème R.I.A.O.M. 
Cinq inscriptions de batailles, deux décorations et la ceinture rouge des troupes indigènes illustrent aujourd’hui la mémoire des Tirailleurs Somalie qui se sont engagés au service des armes de la France.

Découvrir l'historique de l'unité sur Gallica :http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6227178q.r=.langFR

 

Pour les travaux de recherches personnels sur les hommes de troupe contactez Fabienne pour vous aider

 

 

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Publié le 3 Juin 2016

La cit ouvrière de Quet-en-Beaumont

La cit ouvrière de Quet-en-Beaumont

  1. L’école : Formant un long rectangle, le bâtiment comporte au nord l'entrée, la salle de classe à l'étage et le logement de l'enseignant au second. Au sud, les poteaux porteurs délimitent trois garages surmontés d'une salle unique occupant tout le reste du volume (gymnase ?) .Aujourd'hui transformée en logement, l'ancienne école faisait partie intégrante du programme constructif d'E.D.F. Il est placé au bout d'un cul-de-sac tout en haut du site. A l'écart de la route, ce bâtiment bas en matériaux légers est posé sur un socle de béton. Chaque pignon est percé d'une fenêtre, l'une doublée d'une porte, l'autre de l'appentis des toilettes. 1 seule fenêtre s'ouvre côté amont tandis qu'à l'aval elles sont 3. Cette façade comporte aussi une petite avancée de toiture centrale et une petite terrasse de béton sur la moitié de sa longueur. HISTORIQUE : Seul exemple conservé des nombreux cantonnements érigés tant par E.D.F. que par les Houillères (le long de la RN 75 entre Pierre-Châtel et La Mure par exemple). Les photos du chantier de la cité montrent que de longues barres de ce type émaillaient le site avec une concentration particulière en partie haute.
  2. Le Mess : Aussi volumineux que les maisons à double logement, comportant lui aussi un toit à pente brisée, ce bâtiment se caractérise par des ouvertures particulières. Côté vallée, un balcon à rambarde en résille dessert trois larges portes fenêtres en plein cintre abritées d'un auvent. Les deux rangs de trois ouvertures qui les surmontent sont reliés par un appui commun. Sur ces deux mêmes niveaux, des fenêtres jumelées sont curieusement placées en angle, leur montant central faisant le coin. Les portes d'entrées sont nombreuses mais la principale, sur le côté, a droit à un perron et un auvent. Côté montagne, une grande travée centrale superpose trois ouvertures dont la plus haute en plein cintre épouse l'arc esquissée autour de la travée. Certaines paires de fenestrons ont gardé leurs barreaudages identiques à ceux des logements.

HISTORIQUE : Le modèle de balcon est strictement identique à celui utilisé à l'école de la cité. Le bâtiment aurait servi de mess, donc de cantine, et très probablement de salle des fêtes. Il est fermé et inhabité.

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Rédigé par passeurdememoire

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